Père Janvier Gbénou : 5e appel à la rectification du Pape François sur la foi chrétienne et en conclusion des quatre lettres précédentes

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Vous vous souvenez très certainement de l’Abbé Janvier Gbénou. Celui-ci écrivit une série de lettres ouvertes au Pape François dénonçant la communion donnée aux politiciens pro-avortement, l’encouragement des unions civiles homosexuelles, la permission que le Vatican semble avoir donnée à l’hystérectomie, et plusieurs autres sujets similaires. Ces lettres ouvertes lui auront valu la suspension de ses fonctions sacerdotales et son expulsion de la prélature de la Sainte Croix et Opus Dei (en latin : Praelatura sanctae crucis et Operis Dei). J’avais transmis ces lettres ouvertes dans différents articles, dont ceux du 14 juillet, du 16 juillet, du 18 juillet et du 7 septembre 2022. J’avais aussi eu le bonheur d’organiser une conférence vidéo avec le Père Gbénou, en compagnie de mes deux amis et collègues, Claude Laferrière et Jean Tardy. Or, j’ai reçu aujourd’hui même une 5e lettre ouverte adressée au Pape, aux Cardinaux et aux Évêques, intitulée “Cinquième appel à la rectification du Pape François sur la foi chrétienne et en conclusion des quatre lettres précédentes”. Il me fait donc un très grand plaisir de la partager ci-dessous.

L’abbé Janvier Gbénou, prêtre africain de 42 ans né au Bénin et vivant en Côte d’Ivoire (Afrique de l’Ouest), a été ordonné prêtre de Jésus-Christ à Rome en 2012, il est titulaire d’une maîtrise en informatique appliquée à la gestion des entreprises et d’un doctorat en philosophie. Membre de l’Opus Dei, il a été suspendu de ses fonctions de prêtre après avoir critiqué le soutien du pape François aux unions civiles des couples homosexuels et lui avoir demandé de corriger sa position ou de démissionner. Il n’est pas autorisé à célébrer des messes publiques, à prêcher ou à entendre des confessions, et on lui a également dit de quitter la résidence de l’Opus Dei. Le Père Gbénou vit maintenant dans une résidence privée et a écrit un livre sur cette histoire pour témoigner de la vérité. (Réf.: LifeSiteNews)

Mark Lambert écrit sur le site Web “De Omnibus Dubitandum Est” : « Il est difficile d’échapper à l’impression que c’est très personnel de la part du Pape François. Il n’aime pas la critique, malgré ses appels à la parrhésie, qui, à ce stade de cette papauté apparaît comme une sorte de repoussoir, comme si Jorge Bergoglio savait quelles sont ses lacunes et filait très tôt dans le sens inverse pour les couvrir. »


CINQUIEME LETTRE OUVERTE AU PAPE FRANÇOIS, AUX CARDINAUX ET AUX EVEQUES

Cinquième appel à la rectification du Pape François sur la foi chrétienne
et en conclusion des quatre lettres précédentes

Yamoussoukro
(Cité de la Paix)
Côte d’Ivoire, le 29 juin 2022
Solennité de Saint Pierre et Saint Paul, Apôtres

Cher Père,
Chers Aînés dans la foi catholique,

A. Pourquoi une cinquième lettre ouverte ?

A l’ouest du Nigéria, vivait un homme du nom de Dohèmeto. Au cours d’une guerre tribale, il a été fait prisonnier et emmené dans le pays voisin appelé aujourd’hui République du Bénin. Quelques temps après, il a été libéré et préféra s’installer au pays de ses ravisseurs. Il choisit la petite ville d’Avrankou, proche de Porto-Novo, la capitale du Bénin. Ces faits se situent entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle. A son premier fils, Dohèmeto donna le nom ‘Gbénou’ qui signifie ‘né hors de sa patrie’. Au milieu du 20ème siècle, Gbénou, mon grand-père, renonça aux pratiques ancestrales païennes. Il jeta les idoles familiales, se fit baptiser et devint catholique avec le prénom Joseph. Polygame, il devait choisir une de ses femmes pour son mariage à l’Eglise. J’ai toujours pensé qu’il avait choisi ma grand-mère mais j’ai appris récemment que son choix s’était plutôt porté sur sa première femme. Un petit-frère de Joseph Gbénou s’est lui aussi convertit au catholicisme mais est décédé quelque temps après. Pour ses funérailles, la grande famille a voulu suivre les rites funéraires traditionnels béninois. Mais Joseph Gbénou s’opposa : tout devrait se faire selon la Tradition chrétienne, pas de rites traditionnels béninois. Sans le savoir, il signa ainsi son arrêt de mort. En effet, il fut empoisonné par ses opposants et mourut. Mon père est le dernier enfant de Joseph Gbénou. Né en 1955, baptisé peu de temps après avec le prénom Félicien, il a transmis à ses enfants la fierté envers leur grand-père.

Le récit qui vient d’être fait a pour but d’attirer l’attention du lecteur sur le choc subi en voyant les processions avec la ‘Pachamama’ (déesse des Andes) dans les églises romaines, à l’occasion du Synode sur l’Amazonie, en octobre 2019. Il y a aussi les différents rituels païens dans les Jardins du Vatican avec la ‘Pachamama’ et l’arbre sacrilège qui a été planté. Quel dommage que tout cela se passe à Rome, centre spirituel du christianisme ! Peut-être que ceux qui ne viennent pas du paganisme ne se rendent pas compte de ce que cela signifie pour nous, les convertis. C’est dur, très dur de voir que les idoles que nous avons quittées pour nous tourner vers Jésus sont à l’honneur au Vatican, en présence du Pape François ! C’est un manque de respect pour la foi de ceux qui ont fait de nombreux sacrifices pour devenir catholiques. Malgré ses péchés, Joseph Gbénou a eu le courage de défendre la Tradition chrétienne au prix de sa vie. Petit-fils d’un martyr de la foi chrétienne, je ne peux pas insulter la mémoire d’une personne qui a sacrifié sa vie pour Jésus. Voilà pourquoi je me suis senti obligé d’écrire cinq lettres ouvertes et défendre cette foi menacée par l’éthique de situation promue par le Pape François. Moi aussi, je suis devenu catholique parce que je refuse de vivre dans l’idolâtrie, le mensonge et la peur.

Il y a quelques années, mon père m’a raconté une histoire que j’avais oubliée et qui maintenant me revient clairement à l’esprit. Malgré son baptême et celui de ma mère, ils allaient de temps en temps rencontrer un voyant du rituel Tron-Alafia. C’était les dimanches, après la Messe du matin. Ils nous emmenaient, nous les enfants, avec eux. Je me souviens encore du devin, des rituels qu’il accomplissait, de la poudre blanche et humide qu’il mettait sur nous, des sacrifices d’animaux, de ce qu’il nous donnait à manger, etc. Un jour, j’ai produit en mon père un choc énorme. J’avais neuf ans, je terminais ma catéchèse de Première Communion et je lui ai dit : « Papa, si nous sommes catholiques, pourquoi allons-nous au Tron-Alafia ? ». Il a alors compris l’incohérence dans laquelle il vivait. Il en a parlé à ma mère et, grâce à Dieu, peu après, ils se sont mariés dans l’Eglise Catholique et nous n’avons plus jamais mis les pieds dans le paganisme. Aujourd’hui cette même histoire se répète, d’une certaine façon, avec mon père dans l’Eglise, le Pape François : Si nous sommes catholiques, pourquoi les rites païens à Rome ? Si nous sommes catholiques, pourquoi l’éthique de situation ?

B. Pourquoi ai-je adopté le style de la correction filiale pour mes cinq lettres ouvertes ?

Beaucoup de lecteurs ont été surpris du style direct que j’ai adopté dans mes lettres ouvertes. Certains l’ont trouvé courageux, d’autres l’ont trouvé incorrect. Personnellement, je n’ai pas écrit pour faire plaisir ni aux uns ni aux autres. Ayant le regard fixé sur le Christ Jésus, j’ai voulu fuir l’hypocrisie en disant tout haut au Pape François les erreurs avec lesquelles il met sérieusement en danger la profession de la foi chrétienne dans notre société postmoderne. J’ai voulu en cela suivre l’exemple de Saint Paul à Antioche : « lorsque Céphas vint à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, car il s’était mis dans son tort… les autres Juifs entrèrent dans son jeu, de sorte que Barnabas lui-même fut entraîné dans ce double jeu… je vis qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Evangile » (Galates 2, 11-14). Face à un problème aux conséquences graves, Saint Paul a eu le courage d’adresser une correction filiale à Saint Pierre afin de l’aider à ne pas entraîner les premiers chrétiens dans l’erreur. Aujourd’hui, face aussi à un problème aux conséquences graves, c’est un fils africain du Pape François qui a le courage de lui adresser une correction filiale pour son bien et celui de l’Eglise Catholique.

Le second motif pour lequel j’ai suivi la démarche de la correction filiale c’est Saint Thomas d’Aquin (cf. Summa Theologica II-II, q.33, a.4). En effet, parlant de la vertu de charité, le docteur angélique pose la question suivante : « Les inférieurs sont-ils tenus, en vertu de ce précepte, de corriger leurs supérieurs ? » Voici la réponse qu’il donne : « La correction qui est un acte de justice usant de punition n’appartient pas aux inférieurs vis-à-vis de leur supérieur. Mais celle qui est un acte de charité appartient à chacun à l’égard de tous ceux qu’il doit aimer, et chez lesquels il voit quelque chose à corriger… Mais comme un acte de vertu doit être réglé en tenant compte des circonstances requises, l’acte par lequel un inférieur reprend son supérieur doit également respecter certaines convenances, en sorte que la correction ne soit ni insolente, ni dure, mais douce et respectueuse… Remarquons toutefois que, s’il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public. Aussi Paul, qui était soumis à Pierre, l’a-t-il repris pour cette raison. Et à ce sujet la Glose d’Augustin explique : “Pierre lui-même montre par son exemple à ceux qui ont la prééminence, s’il leur est arrivé de s’écarter du droit chemin, de ne point refuser d’être corrigés, même par leurs inférieurs.” »

Malheureusement, dans la correction filiale publique que j’ai faite au Pape François (et dans les lettres que je lui ai adressées), je n’ai pas su toujours garder le bon ton. En voyant le Pape François insister et persister dans ses erreurs, j’ai perdu patience et je lui ai manqué de respect en utilisant des expressions fortes. Errare humanum est ! L’erreur est humaine ! J’aimerais ici et maintenant présenter à nouveau mes sincères excuses au Pape François. Qu’il soit assuré que ce n’est pas un manque d’amour qui a inspiré ces excès mais au contraire un grand et profond amour que j’ai pour lui et le vif désir de le voir rectifier des erreurs aux conséquences graves pour son salut éternel et pour celui de millions d’âmes dans le monde. Je peux donc rassurer mes lecteurs que je n’ai pas agi par méchanceté ou par orgueil. Personnellement, je ne me crois pas supérieur au Pape François. Bien au contraire, si le Seigneur le voulait, j’accepterai volontiers d’être le marchepied quotidien du Pape François afin de lui faciliter son chemin sur la terre. Comme disait Saint Thomas d’Aquin, « se croire en tout point meilleur que son supérieur semble bien venir d’un orgueil présomptueux. Mais penser qu’on l’emporte sur un point n’a rien de présomptueux, parce qu’en cette vie personne n’est sans défauts. – Et il faut bien remarquer aussi que celui qui avertit charitablement son supérieur ne s’estime pas pour autant meilleur que lui ; mais il rend service à celui qui “court un péril d’autant plus grand qu’il occupe un rang plus élevé”, comme le dit Saint Augustin dans sa “Règle” ». Ce n’est pas non plus l’érudition qui m’a poussé à écrire car, j’ai toujours eu une certaine pudeur et résistance intérieure à écrire mes lettres ouvertes. Je ne suis ni un érudit ni un expert mais un pauvre petit prêtre africain qui a voulu se laisser inspirer par l’Esprit-Saint et la Tradition chrétienne pour écrire des lettres en défense de la foi chrétienne.

C. Quelles sont les causes des erreurs du Pape François ?

En lisant mes lettres ouvertes, on se rend compte que la première cause majeure des erreurs morales (et doctrinales) qui y sont mentionnées est intellectuelle. Avant sa mort, le Cardinal Carlo Caffarra avait lui aussi fait cette remarque et l’avait partagée avec ses amis. En effet, ces erreurs traduisent une non-maîtrise de certains thèmes de la Théologie Morale Fondamentale et de la Théologie Sacramentaire, enseignés selon l’esprit de Saint Thomas d’Aquin. N’oublions pas l’important avertissement du Pape Léon XIII qui encourageait les théologiens catholiques à ne pas s’éloigner de la bonne source que constituent la philosophie et la théologie thomistes (cf. encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879). La seconde cause d’erreurs se trouve dans le manque d’une véritable collégialité. D’une part, cette collégialité signifie que le Pape François devrait vivre une unité doctrinale et morale avec ses 265 prédécesseurs (collégialité verticale), et particulièrement avec le Pape Saint Jean Paul II et le Pape Emérite Benoît XVI. Tout lecteur impartial de mes lettres ouvertes a pu constater comment le Pape François a sciemment contredit des documents émis par ces deux derniers papes. D’autre part, cette collégialité signifie que le Pape François devrait être ouvert aux avis de ses contemporains (collégialité horizontale). Il existe dans l’Eglise Catholique tellement de bons experts thomistes que si le Pape François avait voulu les consulter il aurait pu éviter les différentes erreurs mentionnées. En fait, les cinq sujets abordés par mes lettres ouvertes ne sont pas des sujets qui admettent une pluralité d’opinions ou des réponses relativistes. Seule la réponse thomiste est valable puisque ces cinq sujets concernent des lois absolues de Dieu : le premier commandement, le cinquième commandement et le sixième commandement. Malheureusement, le Pape François a opté pour une autre réponse, celle du relativisme qui constitue une porte ouverte à l’éthique de situation. Cette éthique, encore appelée éthique de la tiédeur ou éthique de la demi-vérité, rejette le caractère absolu des lois divines et recherchent des situations qui puissent servir d’exceptions pour ne pas accomplir ces lois.

Ma première lettre ouverte est en relation avec le sixième commandement et pose le problème de l’homosexualité. Il s’agit de répondre à la question fermée suivante : Est-il moralement bon pour un chrétien, un prêtre ou un évêque de prendre l’initiative de demander des lois de cohabitation homosexuelle ? Ma seconde lettre ouverte est en relation avec le sixième commandement et pose le problème de la continence. Il s’agit de répondre à la question fermée suivante : Est-il moralement bon de dire que « l’engagement à vivre dans la continence peut être proposé » aux chrétiens et constitue « une option » ? Ma troisième lettre ouverte est en relation avec le sixième commandement et pose le problème de la contraception. Il s’agit de répondre à la question fermée suivante : Est-il moralement bon de pratiquer une hystérectomie (ablation de l’utérus) avec l’accord des médecins expérimentés mais sans urgence médicale pour la santé de la mère ? Ma quatrième lettre ouverte est en relation avec le cinquième commandement et pose le problème de l’avortement. Il s’agit de répondre à la question fermée suivante : Est-il moralement bon de donner le Sacrement de l’Eucharistie à tous les politiciens publiquement pro-avortement qui ne renoncent pas à l’avortement ? Ma cinquième lettre ouverte est en relation avec le premier commandement et pose le problème du culte. Il s’agit de répondre à la question fermée suivante : Est-il moralement bon qu’un catholique prenne part à des rites païens ? Dans ces cinq cas, la Tradition chrétienne a toujours répondu ‘non’. C’est la seule et unique réponse possible. Malheureusement, le Pape François a répondu ‘oui’.

De plus, un fait très important est à souligner, comme on l’a déjà vu dans les différentes lettres ouvertes : les réponses du Pape François n’ont aucun fondement et ont utilisé plutôt la force des médias pour s’imposer. En effet, quand a-t-on vu un pape demander à l’humanité d’adopter des lois de cohabitation homosexuelle ? Jamais ! Quand a-t-on vu un pape affirmer que la vertu de chasteté est une option ? Jamais ! Quand a-t-on vu un pape accepter l’ablation de l’utérus avec l’accord des médecins expérimentés mais sans urgence médicale pour la santé de la mère ? Jamais ! Quand a-t-on vu un pape accepter de donner le Sacrement de l’Eucharistie à tous les politiciens publiquement pro-avortement qui ne renoncent pas à l’avortement ? Jamais ! Quand a-t-on vu un pape prendre part à des rites païens dans les Jardins du Vatican ? Jamais ! Dans ces cinq cas, on doit affirmer ce qui suit : Des 266 papes de l’Eglise Catholique, le Pape François est le premier et l’unique à faire de telles concessions. Quelles références bibliques peut-il citer pour appuyer ces concessions ? Aucune ! Quelles références patristiques ? Aucune ! Quelles références théologiques ? Aucune !

D. Quelle solution pourrait apporter le Pape François à ses erreurs ?

Comme on vient de le voir, les cinq erreurs du Pape François concernent des lois absolues de Dieu et n’admettent qu’une seule réponse : celle de la Tradition chrétienne. C’est la raison pour laquelle, le Pape François ne dispose pas de dix mille solutions possibles mais bien d’une seule : reconnaître humblement qu’il a tort et que c’est la Tradition chrétienne qui a raison. Tant qu’il cherchera des solutions en dehors de la vérité, il ne pourra que rendre plus manifeste son erreur. Ce fut, par exemple, le cas le 15 septembre 2021 dans sa conférence de presse internationale de retour de son voyage en Slovaquie. Sur la question des lois de cohabitation homosexuelle, il n’a pas voulu reconnaître son erreur mais s’est défendu en disant : « Le mariage est un sacrement… Il s’agit de lois qui tentent d’aider la situation de tant de personnes d’orientation sexuelle différente… Mais s’ils veulent vivre ensemble – un couple homosexuel – les Etats ont civilement la possibilité de les soutenir, de leur donner la sécurité de l’héritage, de la santé… Les Français ont une loi à ce sujet, pas seulement pour les homosexuels, pour toutes les personnes qui veulent s’associer… Trois veuves, par exemple, qui veulent s’associer dans une loi pour avoir le service de santé, pour ensuite avoir l’héritage entre elles, mais ces choses-là se font… Le PACS français, cette loi… Que les couples homosexuels peuvent l’utiliser, ils peuvent l’utiliser, mais le mariage en tant que sacrement est homme-femme » (compte-rendu officiel du Vatican). Qui ne voit pas que cette nouvelle réponse cache un nominalisme qui ne fait qu’aggraver la situation d’un pape qui s’enlise sur un sujet où il contredit publiquement la Tradition chrétienne ? En effet, selon cette Tradition, la reconnaissance du mariage comme sacrement ne pourra jamais autoriser un chrétien, un évêque ou un pape à prendre l’initiative de demander qu’il y ait des lois civiles de cohabitation homosexuelle. Il s’agit là d’un « acte gravement immoral », comme l’ont rappelé le Pape Saint Jean Paul II et le Pape Emérite Benoît XVI (cf. ma 1ère lettre ouverte).

Dans l’homélie de la Messe qui a ouvert le Conclave qui l’a élu pape, le Cardinal Joseph Ratzinger a parlé de la dictature du relativisme et du danger qu’il constitue pour l’Eglise et le monde. Aujourd’hui, avec les réponses données par le Pape François aux cinq questions mentionnées plus haut, on peut affirmer que le relativisme est bel et bien entré dans l’enseignement officiel de l’Eglise Catholique. Le pontificat de François est un danger pour l’Eglise Catholique et beaucoup de fidèles ne le perçoivent pas encore clairement : il y a parfois des contradictions dans ses propos ; il y a souvent une incohérence entre les paroles qu’il dit et les actes qu’il pose ; il a changé la doctrine de l’Eglise oralement en de nombreuses occasions (cf. ma 1ère et 4ème lettre ouvertes) et au moins deux fois par écrit (cf. ma 2ème et 3ème lettre ouvertes). Tout cela est évidement inédit et préoccupant. Espérons que le Pape François prendra la mesure de la situation et apportera l’unique correction possible : la réponse de la Tradition chrétienne. S’il ne le fait pas, tôt ou tard, viendra un pape qui le fera. Ce qui a été dit dans ma première lettre ouverte peut être redit ici : Avant un synode sur la synodalité, notre Eglise a besoin d’un synode sur la vérité. Certains, comme Pilate, ont la vérité sous leurs yeux mais osent encore demander : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18, 38). En réalité, ils ne sont pas prêts à assumer toutes les implications de la vérité parce que la vérité est exigeante. Elle est aussi dérangeante une fois que l’on s’en est écarté, car la conscience morale rappelle toujours la nécessité de la vérité.

Avant de conclure cette lettre, souvenons-nous du dogme de l’infaillibilité pontificale (cf. Concile Vatican I, Première Constitution Dogmatique Pastor Aeternus sur l’Eglise du Christ, chapitre 4, 18 juillet 1870). Par une grâce de Jésus Christ (cf. Matthieu 16, 18), il est absolument impossible que Saint Pierre et ses successeurs enseignent des erreurs morales et doctrinales aux chrétiens. Qu’en est-il du Pape François ? Il ne fait aucun doute qu’il a enseigné des erreurs morales et doctrinales aux chrétiens. Il y a donc une question importante que tous les fidèles catholiques, les Cardinaux et les Evêques doivent avoir le courage de poser, sans avoir peur des conséquences qu’une réponse négative pourrait impliquer : Le Pape François est-il un vrai pape de l’Eglise Catholique ?

E. Conclusion pour les cinq lettres ouvertes adressées au Pape François, aux Cardinaux et aux Evêques

Salus animarum suprema lex! Le salut des âmes est la loi suprême ! L’Eglise Catholique existe pour emmener les âmes au Ciel. C’est au nom de cette réalité qu’une rectification publique du Pape François est absolument nécessaire. Nous attendons cette rectification depuis 2016, c’est-à-dire depuis de nombreuses années déjà ! En cette Solennité de Saint Pierre et Saint Paul, nous pouvons nous souvenir encore de la correction fraternelle et filiale que le second a adressée au premier à Antioche. La Tradition chrétienne a loué le courage de Saint Paul et l’humilité de Saint Pierre. C’est cette même humilité que nous tous chrétiens devons demander au Seigneur pour le Pape François : Aimons beaucoup le Pape François et prions chaque jour la Messe et le Chapelet pour lui ! Que Saint Pierre et Saint Paul lui obtiennent la grâce d’une véritable et profonde humilité afin qu’il reconnaisse clairement ses erreurs et accepte de les corriger afin de donner à l’Eglise Catholique une paix durable dans la doctrine, la morale, la liturgie et la pastorale ! Pax Christi Ecclesia !

Votre fils en Jésus, Marie et Joseph,
Abbé Janvier Gbénou
(nom de plume: Father Jesusmary Missigbètò)


Paul Philippe
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Guy Boulianne, auteur, éditeur et journaliste indépendant, membre de la General News Service Network Association (GNS Press) et de l'International Association of Press Photographers (IAPP) Il est aussi membre de la Society of Professional Journalists (SPJ). Il est le fondateur et l'éditeur en chef des Éditions Dédicaces LLC : http://www.dedicaces.ca.

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