C’est avec une grande émotion que Jonathan Blanchette, chef de l’Union nationale, nous annonçait mardi dernier que le Directeur général des élections du Québec a pris la décision unilatérale d’abolir le parti politique. Jonathan Blanchette écrit : « Retrait sans procédure judiciaire, sans audience, sans tribunal… rien. Et ils ferment, le 20 mars 2026, le parti de l’Union nationale, basé sur des allégations que je vous présente en direct ce qui risque même de nous valoir une autre poursuite. Ce soir, une preuve irréfutable du contrôle étatique, acquise par notre sacrifice, celui de chacun d’entre nous, est rendue publique. »
Nous lisons ceci dans le programme électoral du parti : « L’Union nationale compte sur la participation active des individus qui ont à cœur de s’investir pour une nouvelle communauté de protection, de vision et de création, dans le but d’amener une nouvelle direction à la nation québécoise. En regroupant tous les individus désireux d’avoir une influence concrète et personnalisée sur les enjeux importants, nous augmenterons la diversité des solutions et des idées pour le peuple du Québec. » L’Union nationale était un parti politique provincial conservateur et nationaliste du Québec au Canada, qui se réclamait de l’autonomisme québécois. Fondé par Maurice Duplessis pendant la Grande Dépression, il a exercé le pouvoir au Québec de 1936 à 1939, de 1944 à 1960 et de 1966 à 1970. Le parti a vu le jour lorsque l’Action libérale nationale, un groupe de dissidents du Parti libéral du Québec, a formé une coalition informelle avec le Parti conservateur du Québec. Lors des élections québécoises de 1935, les deux partis ont convenu de ne présenter qu’un seul candidat par circonscription. L’Action libérale nationale (ALN) a fait élire 26 de ses 57 candidats, tandis que les conservateurs ont remporté 16 sièges sur 33.
Le chef conservateur Maurice Duplessis devint chef de l’opposition. Il acquit rapidement une grande notoriété en utilisant le Comité permanent des comptes publics pour dénoncer les pratiques de corruption du gouvernement libéral d’Alexandre Taschereau et le contraindre à déclencher des élections anticipées. Capitalisant sur son succès, Duplessis a convoqué une réunion de caucus à l’hôtel Magog de Sherbrooke et a reçu le soutien de 15 conservateurs et de 22 membres de l’ALN en faveur d’une fusion des deux partis sous sa direction sous le nom d’Union nationale. Le nouveau parti n’avait aucun lien formel avec les conservateurs fédéraux. Il a présenté des candidats dans chaque district et a remporté la majorité des sièges lors des élections de 1936. Maurice Duplessis l’a dirigé jusqu’à sa mort en 1959.
Couvert de dettes, n’arrivant plus à retrouver sa place dans le nouveau contexte post-référendaire des années 1980, l’Union nationale se fait retirer son accréditation de parti le 19 juin 1989. Cette décision est ensuite contestée par le chef intérimaire Michel Lebrun devant la Cour supérieure du Québec. Son recours ne réussit pas. Dans les années 1990, des militants tentent de refonder l’Union nationale à deux reprises. En 1992, Raymond Martin crée le Parti Renaissance, se voulant une résurrection du parti de Duplessis. Toutefois, ce parti ne réussit pas à se faire une place dans le paysage politique. En 1994, Charles Thibault, ancien chef intérimaire de l’Union nationale en 1986, tente à son tour de faire renaître le parti sous un nouveau nom : Développement Québec. Lors des élections de 1994, le parti présente 11 candidats mais n’en fait élire aucun, n’obtenant que 0,05 % du vote.
Le parti politique Union nationale est ressuscité en octobre 2020, alors que l’ancien chef intérimaire Michel Lebrun transmet la chefferie à l’activiste Jonathan Blanchette, qui s’est présenté comme seul candidat du parti aux élections générales québécoises de 2022 et a obtenu 159 voix dans l’Abitibi-Ouest. La nouvelle Union nationale a été fondée en opposition aux restrictions sanitaires imposées durant la pandémie de COVID-19 au Canada et pour promouvoir la démocratie directe. Le parti s’est présenté à l’élection partielle provinciale de Terrebonne en 2025, arrivant en 8e position avec 95 voix (0,42 %). ◾
➽ J’accuse les assassins de Daniel Johnson. Une mort trop suspecte pour avoir été naturelle
➦ Un article de Pierre Schneider, publié le 27 juillet 2017 sur Vigile.Québec
Depuis plusieurs années, j’écris régulièrement de courts textes pour faire appel à d’autres témoins sur la mort très suspecte de l’ex-premier ministre du Québec Daniel Johnson, dont le nom est revenu dans l’actualité ces jours derniers quand on a commémoré le 50e anniversaire de la visite du général de Gaulle. L’an prochain, en septembre, ce sera le 50e de la mort de celui qui a signé en 1966 le fameux livre écrit avec mon collègue Jean-Louis Laporte et intitulé « Égalité ou Indépendance ». À noter que Laporte, journaliste à Radio-Canada à cette époque, m’avait alors confié que « là ou le FLQ a échoué, Daniel va réussir car il est plus rusé ».
En septembre 1968, le premier ministre Johnson donne un point de presse à la bibliothèque de l’Assemblée nationale, la veille de son départ pour l’inauguration de la Manic. Tous les journalistes présents ont noté qu’il semblait en pleine forme. D’ailleurs, Radio-Canada possède un enregistrement de cette rencontre.
Puis, le lendemain, après avoir rencontré plusieurs personnalités, dont René Lévesque, le premier ministre se retire dans sa chambre où il consomme un dernier verre en compagnie d’une jeune dame prénommé Jacqueline « Jackie », une connaissance intime qui fréquentait à cette époque le Club Renaissance, lieu de rencontre des membres de l’Union nationale. J’ai son nom de famille.
Par la suite, cette dame, que j’ai rencontrée quelques mois plus tard, m’a confié en toute intimité et « off the record », parce qu’elle craignait pour sa vie, qu’après avoir bu ce dernier verre, elle a été malade comme jamais dans sa vie, croyant mourir sur place, tandis que Daniel Johnson agonisait à ses côtés. Elle m’a alors fait jurer de ne pas révéler son identité.
« Le lendemain matin, m’a-t-elle dit, la garde rapprochée de Daniel m’a rapidement évacuée de la Manic, en m’ordonnant de me taire à tout jamais sur les choses dont j’avais été témoin…à mes risques et périls »
Jeune journaliste, ce témoignage m’avait troublé et ne cesse de me hanter depuis lors. J’en avais parlé avec des confrères de l’époque, de la Presse et du Montreal Star, et l’histoire les intéressait, mais encore fallait-il avoir des preuves que le premier ministre avait été assassiné. Ce qu’il n’a jamais été possible d’obtenir.
Toujours hanté par cette affaire, j’y suis revenu il y a quelques années, en faisant des demandes d’accès à l’information dans tous les bureaux du coroner pouvant être impliqués, tant à la morgue qu’aux Archives nationales qui, m’a-t-on appris, conserve précieusement tous ces documents sur nos anciens premiers ministres, dont les rapports d’autopsie. Je demandais sans succès si des analyses toxicologiques avaient été effectuées et, inlassablement, on me répondait qu’il n’y avait aucun document à cet effet.
Des amis ont demandé aux fils du premier ministre Johnson, qui ont fait savoir que cette histoire était classée depuis belle lurette et qu’ils ne voulaient pas en parler. C’est alors que je me suis souvenu que, lorsque Johnson père était allé se reposer à Hawaï, à la suite de la rédaction de son livre-choc, le tout-puissant Paul Desmarais était allé le retrouver et lui avait dit de ne pas s’en faire, qu’il veillerait à l’éducation et à la prospérité de ses fils, tout en l’exhortant fortement d’oublier cette idée d’indépendance du Québec.
Marie Johnson, une autre des enfants de Daniel, a dit à un contact diplomatique qu’elle n’en savait rien.
J’ai aussi demandé au biographe officiel de Daniel Johnson, le journaliste Pierre Godin, qui a fait des recherches exhaustives pour la rédaction de son livre, s’il avait jamais vu un rapport d’autopsie ou d’analyse toxicologiques. Il m’a dit n’en avoir pas vu, croyant qu’un médecin (complaisant ?) avait tout simplement signé le certificat de décès avant les funérailles et l’inhumation.
J’ai aussi demandé à un autre proche de Daniel Johnson, l’ancien député Antonio Flamand, ce qu’il en sait et il m’a affirmé qu’il a toujours pensé que le décès de M. Johnson était louche. Et dernièrement, j’ai aussi saisi l’ancien ministre des Affaires culturelles, Denis Vaugeois, du dossier. Il semble s’y intéresser de près, car tout ce qui touche Daniel Johnson le passionne.
Or, la loi stipule bien que, sur le corps de toute personne qui décède hors de son domicile ou d’un établissement hospitalier, une autopsie doit être pratiquée. Pourquoi, si jamais on en a pratiqué une sur la dépouille de l »ami québécois de de Gaulle, la cache-t-on depuis près de 50 ans ? Je crois pour ma part qu’elle n’existe pas et qu’on a expédié le corps vite fait au cimetière afin qu’il disparaisse avec ses idées de souveraineté dans les limbes de l’histoire.
Un autre élément troublant dans cette histoire non résolue, qui fera l’objet d’enquête des historiens, demeure le fait que, de son vivant, Daniel Johnson avait précisé qu’à sa mort (il se savait cardiaque), il souhaitait une autopsie afin de dissiper tout doute, comme ça avait été le cas lorsque Maurice Duplessis est décédé lors d’un voyage à Schefferville. Toutes sortes de rumeurs avaient alors couru sur les causes du décès du grand timonier de l’Union nationale.
Or, à la lumière de mes recherches sur une période de plusieurs années, il appert que cette autopsie n’aurait pas été pratiquée. Et, si jamais elle l’a été, pourquoi avoir caché ses conclusions et pourquoi ne pas avoir révélé celles des analyses toxicologiques qui auraient pu confirmer le témoignage de « Jacky » , celle qui m’a révélé qu’elle était convaincue que son ami Daniel Johnson avait été assassiné en septembre 1968 par des gens qui avaient intérêt à sa disparition.
Quand on connaît les méthodes des services secrets à travers le monde (les nôtres travaillaient main dans la main avec la CIA), il ne serait donc pas surprenant que pour sauver le Canada, on ait décidé en haut lieu de mettre fin aux jours du grand trouble-fête Johnson, celui-là même qui avait osé offrir à Pierre Bourgault, du RIN (Rassemblement pour l’indépendance nationale) de se joindre à lui pour libérer le Québec.
L’Histoire jugera et j’espère que d’autres témoins se manifesteront à la suite de cette publication qui, je l’espère, saura ébranler les colonnes du temple.
Pour paraphraser Zola, J’ACCUSE LES ASSASSINS DE DANIEL JOHNSON.
Le 5 février 2026, le chef de l’Union nationale Jonathan Blanchette prenait la parole devant l’Assemblée nationale pour donner son avis sur le projet de loi constitutionnel, entrant en vigueur le 24 juin 2026.
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En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).




