Guy Boulianne rachète la première édition de son recueil de poésie, La Bataille des Saints, de la collection privée de feu Marcel Saint-Pierre

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J’ai trouvé complètement par hasard, au fil de mes recherches sur Google, un exemplaire en vente de l’édition originale de mon second recueil de poésie intitulé “La Bataille des Saints“, qui fut publié en 1987. Tiré à seulement 700 exemplaires, ce recueil de poésie est donc en quelque sorte une pièce de collection, d’autant que cet exemplaire provient de la bibliothèque privée du peintre, essayiste et poète Marcel Saint-Pierre, décédé en 2021 et qui fut un artiste reconnu au Québec et à l’échelle internationale.

C’est d’ailleurs ce qui est souligné à la page 4 du catalogue de la boutique Bibliopolis (Littérature-Québec: Poésie, roman, politique… Acquisitions récentes – Hiver 2022) : « Édition originale de ce recueil de poèmes. Bon état. Peu commun ». Au surplus, cet exemplaire comporte un ex-libris manuscrit de Marcel Saint-Pierre, ce qui rajoute encore à sa valeur. Illustré par l’artiste peintre Pierre Corbin, le recueil de poésie fut lancé au bar Saint-Sulpice, rue St-Denis à Montréal. Il fut publié peu de temps après que j’aie aidé Armand Vaillancourt sur l’une de ses sculptures, « Drapeau blanc », située sur le Campus de l’Université Laval à Québec. Afin de me remercier de mon très modeste coup de pouce à cette sculpture, Armand m’offrit de payer la composition typographique de mon recueil de poésie.

La Bataille des Saints, par Guy Boulianne (Ex-libris manuscrit de l’artiste Marcel Saint-Pierre).

Vous vous doutez bien que je me suis empressé d’écrire à Monsieur François Côté, propriétaire de la libraire Bibliopolis au Québec (membre de la CLAQ, de l’ABAC et de la LILA) afin de m’enquérir de cet exemplaire unique. Celui-ci me proposa un prix d’ami en tant qu’auteur de cet ouvrage. Je n’ai donc pas hésité à racheter cette copie de mon recueil de poésie qui est maintenant quasiment introuvable. J’en profite pour vous rappeler qu’en 2008, mon ami Didier Lutz (aujourd’hui décédé) avait fait l’acquisition de ce même livre qui était alors en vente dans la boutique Pilgrim Reader en Ontario, au Canada.

Voici ce qu’écrivait l’artiste peintre Raymonde Lacasse à propos de mon recueil de poésie :

En lisant « la Bataille des saints » de Guy Boulianne, le lecteur y découvre l’oeuvre d’un jeune poète. La jeunesse y laisse sa trace. C’est vrai que la poésie n’attend pas ; Rimbaud, Nelligan n’ont-ils pas écrit leurs oeuvres avant qu’ils eurent vingt ans.

Le poète lance son cri vibrant, il se cogne au mur de la dure réalité de la vie. La vie, la mort, l’amour, la solitude, le rejet sont les thèmes de ce recueil : « A savoir si je mourrai avant même de frôler ma destinée », écrit-il.

Le drame de toute cette jeunesse d’aujourd’hui est ici noir sur blanc.

Seul, il ose crier son mal de vivre et espère se faire entendre au-dessus du tintamare universel. Ce qu’il faut être jeune pour espérer qu’un poème puisse changer les règles de notre société. Voilà une réflexion dû à mon vieil âge.

Le poète croit à la magie du verbe, ne lui coupons pas les ailes. Il faut l’écouter, c’est la chance que je vous souhaite.

Pour sa part, la chroniqueuse Francine Grimaldi écrivait dans La Presse le 20 janvier 1988 : « Guy Boulianne, un poète qui meurt de vivre, qui fait des rêves fous d’amour, d’amitié et de paix, vient de publier un deuxi;me recueil de poèmes aux éditions GÉBÉ. “La bataille des saintes”, tiré à seulement 700 exemplaires, mais c’est beaucoup pour un jeune poète. Très réaliste tout de même, Guy raconte : «En librairie mon livre se ramasserait en 2e semaine sur les tablettes en arrière. Alors je suis mon premier vendeur.» Ce qu’il écrit c’est ce que la plupart des jeunes pensent. Avis aux intéressés. »

Si cela vous intéresse — et pour m’encourager — vous pouvez acheter la nouvelle édition de mon recueil de poésie “La Bataille des Saints“ qui fut publié en 2018 aux Éditions Dédicaces. Cet ouvrage est disponible dans plusieurs boutiques en ligne, dont Amazon.

Disponible au format Papier – 14.99 $CA

Disponible au format PDF – 7.50 $CA

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Préface aux dirigeants

La femme créa l’homme et l’homme devint mensonge ;
Ce qu’il fit à la terre, je n’ose point le dire
Car je sais qu’en vous se traîne un long souvenir,
Une plaie couverte par ce fameux mensonge.

Hypocrites rêveurs qui, d’un repos sordide,
Amassez plus d’argent dans vos nombreux tiroirs,
Que l’amour nécessaire à ces grands yeux humides
Qui plongent leur regard dans les abîmes noirs.

Chacun semble d’accord, il faut cesser la guerre,
Mais qui de vous ira brandir son drapeau blanc ?
Le prince ou le roi, la reine d’Angleterre,
ou bien vous messieurs, honorables présidents ?

Je sais bien, pauvres gens, mes paroles futiles,
Vous fermez ce livre que personne ne lira.
Toujours pour conserver votre peuple débile,
Semblable à l’armée, vous le menez au combat.

Vous n’avez que rancœur, imbéciles vivants !
Vos mères et vos épouses sont plus fortes que vous
Et pleines de pitié pour ces pauvres amants,
Elles vous donnèrent vie, vous placèrent debout.

Maintenant que le regret habite nos têtes
Le vent souffle sa mort sur nos corps embaumés,
Le monde, je l’espère, reprendra de sa fête
Lorsque vous, bons messieurs, serez bien enterrés.

La Bataille des Saints © Copyright Guy Boulianne, 1987


À propos de Marcel Saint-Pierre

Le peintre, historien de l’art, critique, professeur et acteur social Marcel Saint-Pierre est né à Laval, en 1947, certaines sources mentionnant plutôt 1944, ce dernier aimant à cultiver l’ambiguïté, a confirmé au Devoir M. Devlin. Toute sa vie, Marcel Saint-Pierre a fait cohabiter sa production artistique, son métier de professeur et son engagement social. Il a notamment cofondé le département d’histoire de l’art de l’UQAM et le syndicat des professeurs de l’UQAM, ajoute Anithé de Carvalho. « C’est un créateur et un intello », dit-elle.

« Marcel Saint-Pierre était un professeur extraordinaire, qui concevait l’histoire de l’art comme une discipline qui se vit sur le terrain », lance son ancienne étudiante Marie Fraser, aujourd’hui directrice du Département d’histoire de l’art. « Je me souviens d’un étudiant qui lui avait demandé, à propos d’un événement culturel, comment il pouvait en avoir une telle connaissance. Marcel lui avait répondu: “Mais parce que j’étais là!” Il parlait non seulement de ce qu’il connaissait en tant qu’historien de l’art, mais aussi de ce qu’il avait pu voir et entendre. Enfin, il encourageait ses étudiants à s’impliquer dans le milieu, à réaliser des expositions, à écrire sur l’art, à rencontrer des artistes. »

L’historien de l’art a étudié à l’École des beaux-arts de Montréal, à l’Université de Montréal et à l’Université Paris X. Spécialiste de l’art contemporain au Québec, il avait une connaissance vivante de la scène artistique des années 1960 et 1970 et a marqué plusieurs générations d’historiennes et d’historiens de l’art. Son enseignement était alimenté par sa double formation en art et en histoire de l’art. Il conjuguait avec aisance la théorie et la pratique, attachant toujours une grande importance à la matérialité des choses.

« Marcel a été un pionnier de l’art contemporain au Québec, un art qu’il a décrit, analysé et documenté au moment où il était en train de se faire dans les décennies 1960 et 1970 », souligne Marie Fraser. « À cette époque, dans les universités québécoises, on n’enseignait pas l’histoire de l’art contemporain et très peu l’art québécois. Marcel Saint-Pierre a été parmi les premiers à le faire. »

Le professeur a publié de nombreux textes sur l’art contemporain, notamment sur les happenings et les œuvres d’artistes tels que Paul-Émile Borduas et Serge Lemoyne. Il a signé, entre autres, l’essai “Une abstention coupable. Enjeux politiques du manifeste Refus Global” (M éditeur, 2013). Il a aussi cofondé la revue littéraire La Barre du jour, en 1965, la revue Chroniques. Art, culture et politique, en 1975 et, récemment, les éditions Complices, consacrées à la poésie et au livre d’artiste.

Lauréat, en 1992, du prix Louis-Comtois décerné par la Ville de Montréal et l’Association des galeries d’art contemporain de Montréal, Marcel Saint-Pierre a participé, en tant qu’artiste peintre, à plus d’une soixantaine d’expositions collectives au Québec, en France et aux États-Unis. Depuis 1975, son œuvre a également fait l’objet de plus de 45 expositions individuelles en Amérique et en Europe. En 1992, la Galerie de l’UQAM avait ouvert sa saison avec l’exposition Marcel Saint-Pierre. New York Thruway 87-90, qui présentait une douzaine d’œuvres du professeur. Ses créations font partie de prestigieuses collections privées et publiques, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée d’art contemporain de Montréal.

Marcel Saint-Pierre s’est beaucoup questionné sur le rapport entre la surface et le support en peinture. Chez lui, la toile se plie pour répondre à l’architecture des lieux d’exposition, particulièrement les coins et les arêtes des murs. Puis, il débarrassera la surface du tableau de son support. Ainsi naîtront Les Mutations, des peaux constituées de dizaines de litres d’acrylique figée. Jamais aucun artiste avant lui n’avait imaginé réalisé un tableau sans support, un tableau où la couleur se suffit à elle-même.

Marcel Saint-Pierre a aussi réalisé plusieurs œuvres d’art public, dont Falling Out of the Blue, en 1991, un immense tableau en relief aux couleurs luxuriantes qui orne le plafond du hall d’entrée principal du pavillon R de l’UQAM. Le peintre, essayiste et poète est décédé des suites d’une longue maladie à Montréal, le 6 août 2021, à l’âge de 77 ans. Il laissa dans le deuil son épouse Anithe de Carvalho, ainsi que ses ami.e.s complices de la vie et les membres des familles Saint-Pierre et de Carvalho.

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Martin Robert-Alarie
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« Merci pour votre travail et intérêt à jeter de la lumière sur cette immense injustice que tant de gens ont subi, militaires comme civils. »

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