L’ex-militaire français — Adrien Bocquet — qui s’était rendu à Boutcha a été victime d’une tentative d’assassinat le 26 septembre dernier

Des hommes ont agressé l’ancien militaire français Adrien Bocquet à Istanbul. Il a raconté au micro de Sputnik les conditions dans lesquelles il a été attaqué. Adrien Bocquet était à Istanbul le 26 septembre lorsqu’il s’est rendu compte qu’il était suivi par un homme en début d’après-midi. Il a expliqué au micro de Sputnik comment il a réagi :

« Un homme m’a suivi. On m’a conseillé de rentrer dans un centre commercial et quand je suis rentré à l’intérieur je l’ai perdu de vue », a raconté à Sputnik Monsieur Bocquet le 27 septembre 2022.

Il est ensuite rentré à son hôtel pour en ressortir le soir vers 21h pour aller chercher à manger. C’est au moment où il est arrivé dans un parc que deux hommes ont surgi.

« Au moment où je suis arrivé dans une sorte de parc, il faisait noir, deux hommes sont arrivés d’un coup. Je ne les ai pas vus arriver, ils sont arrivés directement sur moi. Je me suis protégé. L’un d’eux dès le début m’a tenu la tête par l’arrière et l’autre devant était avec un couteau. Il a essayé de m’infliger un premier coup dans le cou au niveau de la carotide. J’ai reculé et au moment où je me décale, je prends le coup sur le visage au niveau de la joue », détaille l’interlocuteur de Sputnik.

Il a affirmé s’être ensuite débattu avant d’avoir réussi à prendre la fuite.

« Tout va très vite. Je tape, je tape, j’essaie d’éviter. Je prends sur la main, sur le bras, j’en prends trois dans le ventre. Ça dure très vite, ça dure maximum 1 minute. J’arrive à courir, ils ne m’ont pas suivi. J’ai entendu une voiture, donc j’ai couru comme je pouvais et j’ai trouvé un endroit pour me cacher. »

Selon Adrien Bocquet, s’il ne s’était pas battu, il serait mort.

« Si je ne m’étais pas battu jusqu’à mon dernier souffle, je serais mort. »

Adrien Bocquet a accusé le dimanche 2 octobre le Service de sécurité ukrainien (SBU) d’avoir organisé cette attaque.

« Une tentative d’assassinat a été faite contre moi à Istanbul, elle a été organisée par des agents du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) et des Ukronazis. »

Malgré ses blessures, M. Bocquet se sent maintenant mieux, sa vie n’est plus en danger.

Adrien Bocquet a demandé un passeport russe après les menaces et tentatives d’assassinat

Dans une déclaration sur Telegram, le président de la commission des affaires internationales de la Douma (chambre basse du parlement russe) Leonid Sloutski a indiqué que le journaliste français Adrien Bocquet, a demandé un passeport russe et qu’il comptait lui apporter son soutien.

Le parlementaire russe a fait savoir sur sa chaîne Telegram que Bocquet a fait l’objet de poursuites pénales injustifiées en France et a failli périr suite à un attentat commis par des nationalistes d’Ukraine à Istanbul. Selon Leonid Sloutski, Adrien Bocquet voudrait recevoir un passeport russe pour travailler et vivre à Donetsk. Le député a promis d’apporter tout le soutien nécessaire pour la réalisation de l’intention de cet « homme honnête et courageux ».

« Nous avons rencontré le journaliste et volontaire français Adrien Bocquet, celui-là même qui fut le premier reporter occidental à déclarer publiquement que les événements de Bucha étaient une provocation pure et simple des Forces armées ukrainiennes. Puis il a fait l'objet de poursuites pénales déraisonnables en France et a même failli mourir lors d'une tentative d'assassinat par des nationalistes ukrainiens à Istanbul.

« Aujourd'hui, Bocquet est à Moscou et a l'intention, selon ses propres mots, d'obtenir un passeport russe, puis de vivre et de travailler à Donetsk. Adrien s'est également tourné vers nous pour obtenir de l'aide dans l'acquisition de la citoyenneté russe. Nous fournirons certainement toute l'assistance possible à cette personne courageuse et honnête afin qu'il puisse continuer à dire au monde la vérité sur ce qui se passe dans le Donbass russe.

« Nous avons enregistré une conversation avec Adrien Bocquet sous la forme d'une interview exclusive. Regardez l'épisode spécial sur la chaîne "Deputy Slutsky" sur les plateformes VK et YouTube dans un avenir très proche. »

Des crimes constatés sur place

Après le début de l’opération russe en Ukraine, Adrien Bocquet s’était rendu dans le pays comme volontaire, pour apporter une assistance médicale. Pendant son séjour sur les territoires contrôlés par Kiev, il a été témoin des exactions ukrainiennes qu’il a décrites à la télévision française. Ensuite il est allé dans le Donbass où il a pu constater des tirs sur les civils effectués par l’armée ukrainienne. Il a en outre accusé la France d’être complice du génocide de la population en fournissant des obusiers CAESAR à Kiev. Adrien Bocquet avait livré le récit sur Sud Radio, le 10 mai, de trois semaines passées en Ukraine dans le cadre d’une action humanitaire médicale, durant lesquelles il a pu observer des exactions. « Les seuls crimes de guerre que j’ai vus […] ont été perpétrés par des militaires ukrainiens », a-t-il raconté, précisant qu’il n’écartait en aucun cas des comportements similaires de la part des forces russes. « Il y en aussi côté ukrainien et on n’en parle pas », a-t-il souligné, s’insurgeant contre les propos tenus dans les médias par toutes les personnes qui ne se sont pas rendues elles-mêmes sur le terrain.

Revenant plus particulièrement sur le bataillon Azov, Adrien Bocquet s’est dit « choqué » par les livraisons d’armes de l’Occident à des combattants ouvertement néonazis, dont il rapporté certaines conversations. « Ils rigolaient de se dire que s’ils croisaient des Juifs et des Noirs, ils les dépèceraient », a-t-il relaté, avant de faire état de tirs sur des prisonniers russes sans défense, ainsi que d’officiers qui auraient été exécutés d’une balle dans la tête. « J’ai vu des choses abominables », a-t-il insisté, concluant: « Si vous regardez les médias et si vous allez en Ukraine, ce n’est pas une gifle que vous prenez, mais trois coups de poing. »

Depuis des semaines, des images d’exactions dont s’accusent les deux camps circulaient sur les réseaux sociaux. Moscou avait ouvert, fin mars, une enquête sur de possibles actes de tortures par les forces ukrainiennes sur des prisonniers russes, après la diffusion de vidéos sur lesquelles on pouvait voir des prisonniers se faire tirer dans les jambes sans raison. L’ONG Human Rights Watch (HRW) avait pour sa part appelé les autorités ukrainiennes à enquêter sur ces potentiels « crimes de guerre » envers des prisonniers russes. Les Nations Unies s’étaient inquiétées, à la même période, de mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre des deux camps.

Adrien Bocquet a été placé dans la « liste des personnes à tuer » de Myrotvorets du gouvernement ukrainien. Amie de Faïna Savenkova (Фаина Савенкова) et responsable de la Fondation pour combattre l’injustice (FBI), Mira Terada, disait lors d’une conférence de presse« Pensez à tous les criminels qui sont là-bas, les trafiquants d’êtres humains, les pédophiles. Ils peuvent aller sur ce site, l’ouvrir, et c’est comme un menu pour ces criminels, car là ils voient la photo, l’adresse, le réseau social, toutes sortes d’activités, ce que ces gens aiment, où ils vont, c’est complètement dangereux et il devrait être fermé. »

Gesto Ismaël
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« Je voulais vous remercier du plus profond du coeur. Vous faites partie des personnes qui ont redonné un sens à ma vie, et je pèse mes mots. »

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